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Month: mars 2015

Prendre soin de ses cheveux au naturel

entretien cheveux no pooMon passé capillaire est un chemin semé d’embûches déjouées assez tardivement. Pour dresser un bref historique, les dix-huit premières années de mon existence se sont résumées à deux shampooings dits conventionnels par semaine. Shampooings qui sont devenus plus naturels au fur et à mesure que mes parents se sont intéressés au biologique.

J’ai des cheveux qui ont tendance à graisser. J’ai donc commencé à m’intéresser à des produits plus “adaptés”, comme le shampooing au rhassoul, mais qui, au final, décapent le cuir chevelu et aggravent le problème. En terminale, la situation était hors de contrôle : mes cheveux étant gras dès le lendemain, je me souviens avoir franchi le cap fatidique du shampooing quotidien, sous le regard réprobateur de ma mère (maman, si tu me lis, sache que tu avais raison).

C’est sans doute la plus mauvaise décision que j’ai prise concernant mes cheveux (outre la coupe garçonne au collège, ça, ça reste indétrônable). Je suis entrée dans un cercle vicieux, car mes racines étaient aussi grasses que mes pointes étaient sèches, et mes cheveux fourchaient en deux mois. Impossible, donc, de les faire pousser. Sortir sans m’être lavé la tête le main m’était inenvisageable. Mais c’était devenu normal et il fallut du temps pour que j’entame une réflexion à ce niveau-là aussi.

Je pris conscience du problème durant un séjour au Népal, lors d’un trek où l’eau était glaciale les rares fois où nous y avions accès. Je ne me suis donc pas lavé les cheveux pendant une semaine, persuadée que cela ferait un bien fou à mes cheveux. Je ne pourrais vous décrire le soulagement que j’ai éprouvé lorsque j’ai enfin pu frictionner mon crâne avec du savon. Hélas ! une fois secs, mes cheveux retrouvèrent une texture encore plus poisseuse. J’étais résignée.

Trois ans plus tard, enfin, je changeai radicalement d’approche, inspirée par celle, minimaliste, de Bea Johnson. Mes cheveux étaient gras, ternes, abîmés et plein de pellicules (ça donne faim, hein.).

J’essayai la technique du no poo au bicarbonate de soude avec des shampooings secs à la maïzena. Non mais franchement, rien qu’à écrire ça, je me demande comment j’ai fait pour ne pas me rendre compte plus tôt qu’on courrait droit à la castastrophe ? Est-ce qu’on peut dire que ce fut un gros fiasco ? Le bicarbonate me décapait les cheveux. La sensation du shampooing sec me faisait penser à celle qu’on a quand on a les mains pleines de craie. Il y a pire mais ça fait grincer des dents. Les alternatives zero waste ne me convenaient pas, et j’ai mis un peu de temps à l’admettre.

Je n’ai malheureusement pas — encore — trouvé de solution zéro déchet à ce niveau-là. Mais je ne désespère pas ! En essayant plusieurs méthodes, je suis arrivée à une routine très simple, nécessitant peu de produits, qui me convient parfaitement pour le moment.

J’ai considérablement réduit le nombre de lavages et je suis passée d’un shampooing par jour à un shampooing tous les cinq jours. Mes héros ? Le shikakai, le vinaigre de cidre, et un brossage régulier. Mais j’ai également amorcé une réflexion vis-à-vis du “gras”, en le considérant davantage comme une couche protectrice plutôt que sale. Et ça fait la différence car cela permet de relativiser et cela aide à espacer les shampooings car on se dit “Finalement, si je sors aujourd’hui sans me laver les cheveux, est-ce si grave que ça ?” ou on profite des journées sans obligation pour retarder l’échéance shampooinesque.

Revenons à des considérations plus pratiques.

no poo shikakai

Le shikakai est une poudre indienne produite à partir des cosses d’acacia concinna, très riche en saponine, mais aussi beaucoup plus douce et respectueuse du cheveu que les shampooings conventionnels. Je mets l’équivalent de trois cuillerées à soupe de shikakai dans un bol, que je remplis d’eau tiède. Et je l’utilise comme un shampooing normal, en insistant sur les racines. Je finis de rincer mes cheveux avec une eau de rinçage au vinaigre de cidre (quelques cuillerées à soupe diluées dans un bol d’eau suffisent).

Le shikakai lave très bien les cheveux. Mais je crois que le plus impressionnant, c’est son effet démêlant. Auparavant, je passais plus de temps à tenter de défaire les innombrables noeuds formés par le shampooing qu’à me laver réellement les cheveux. J’en perdais beaucoup à chaque lavage (donc tous les jours). Maintenant, il me suffit de passer un coup de peigne et mes cheveux sont démêlés. J’en perds désormais très peu.

Le vinaigre de cidre enlève l’effet terne du lavage, et rend les cheveux brillants. Il permet de rétablir le pH du cuir chevelu et de neutraliser le calcaire, évitant ainsi les problèmes de pellicules.

Depuis un peu moins d’un an, j’enroule systématiquement mes cheveux dans un kardoune avant de m’endormir. Il s’agit d’une bande de tissu qu’on utilise traditionnellement au Maghreb pour lisser les cheveux. Je l’utilise principalement pour les protéger puisque mes cheveux sont plats. Résultat des courses, j’ai pu attendre quatre mois sans aller chez le coiffeur. Quelques fourches seulement étaient apparues, mais je suis allée me faire couper les cheveux surtout pour prendre à contre-pied ma vilaine habitude à laisser croître les fourches et me résigner à couper quand il était trop tard (car je ne voulais pas perdre ma longueur). Pour moi, c’est une révolution. Au niveau de la nuque, mes cheveux, qui étaient toujours misérables, sont presque à la même hauteur que le reste, et dans un état tout aussi excellent.

Depuis quelques mois, j’ai des cheveux qui poussent sur les tempes, ce qui est loin d’être sexy, mais bon signe !

Enfin, je mets parfois un peu d’huile de ricin sur les pointes, une fois mon kardoune posé, pour les protéger des frottements et pour éviter qu’elles ne s’assèchent. Il m’est également arrivé de faire un gommage au marc de café pour éliminer les peaux mortes.

En définitive, un bilan capillaire plutôt correct tant du point de vue des économies que du point de vue de l’écologie, puisque seul le shikakai, en raison de son packaging, ne trouve pas grâce à mes yeux.

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