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Category: Alimentation

Barcelone en mode zéro déchet, vegan et minimaliste

C’est vrai que ça fait quelques temps que je suis rentrée et, avec un peu de retard, voici quelques infos sur mon séjour à Barcelone.

catalunya

Mention spéciale au Musée National d’Art Catalan qui a trouvé une manière ludique de recycler les tickets d’entrée. :)

1. Est-ce que j’avais bien fait ma valise ?

Eh bien… non ! Figurez-vous que j’ai pris des choses en trop. Je ne me suis pasdu tout servie de ma tenue de sport et j’aurais pu m’abstenir de prendre du rouge àlèvre. Sinon, je n’ai manqué de rien, donc je suis plutôt contente ! Autre point négatif : j’ai embarqué le shampooing solide Lamazuna mais ça ne m’a pas du tout réussi et mes cheveux graissent plus vite, bref j’ai voulu choisir la solution de facilité mais c’était une mauvaise idée…

2. Est-ce que Barcelone est compatible avec le zéro déchet ?

J’avais beau chercher sur le net, je n’ai pas trouvé d’infos sur la gestion des déchets. Sur place, je me suis rendu compte qu’il y a 5 poubelles différentes : verre, papier et carton, plastique et métal,déchets ménagers résiduels et… déchets organiques !! Ces derniers sont soit utilisés pour produire de l’énergie soit compostés. Mais ça c’est officiel. Parce qu’en fait, les consignes de tri sont assez mal respectées et ça part un peu dans tous les sens.

compost

Les serveurs sont hyper à l’écoute et respectent totalement le “Si pajita, por favor” (“Sans paille, s’il vous plaît”, NDLR). D’ailleurs la seule fois où j’ai demandé et qu’on m’a apporté un jus avec une paille, la serveuse était… Française ! ;)

Enfin, je ne sais pas à quel point notre hôte avait raison, mais elle nous a déconseillé de boire de l’eau du robinet… et j’avoue que je n’avais pas du tout songé à me renseigner là-dessus. Apparemment, l’eau n’est vraiment pas de bonne qualité. On a préféré la jouer safe et on a pris des bouteilles (de 5 et 8L…). Mais on a vu aussi pas mal de Barcelonais boire l’eau des fontaines, donc je ne sais pas du tout.

J’ai repéré une chouette sélection de produits en vrac – à l’ancienne ! – mais c’était fermé quand on est passées devant. J’ai aussi pu remplir un sac de fruits secs au marché.

bulk

Image qui ne sert à rien car les étiquettes sont à l’envers…

Jaime J. Renobell

Paseig Picasso 34

marche

Mercat de la Boqueria

3. Est-ce que Barcelone est bien la ville aussi vege-friendly qu’on le dit ?

Ouiiii ! Un grand oui ! Cela faisait longtemps que je n’avais aussi bien mangé pour aussi peu cher.

Mes trois adresses chouchou du voyage :

- Teresa CarlesCarrer de Jovellanos, 2 : La salade Teresa goes to Tokyo est délicieuse et il faut goûter le gâteau au chocolat vegan et sans gluten. Une bombe !

teresagateau

- Veggie Garden, Gran Via de les Corts Catalanes, 602 : carte hyper dense, des plats crus délicieux et pas chers, de bons jus frais. Bon, par contre, pour l’amabilité c’est un peu la lotterie. Mais c’est sympa d’être joueur, non ? ;)

salada

- Bar CelonetaCarrer de Sevilla, 70 : un endroit adorable, une cuisine hyper parfumée, des burgers délicieux, des sangria (sans alcool) absolument divines, et des desserts crus à tomber par terre.

sangriaspaghetti

La seule fois où on a oublié de demander sans paille…

Et un petit dernier pour la route – je sais, j’avais dit trois mais j’ai presque pas menti puisqu’il s’agit bien des mêmes patrons que Teresa Carles : Flax&Kale propose à peu près la même chose que sa soeur, mais il est également possible de manger de délicieux smoothies frais et des bols de yaourt vegan. Et ça, ça vaut le coup.

Flax&Kale

Carrer dels Tallers, 74B

menu

Et puis un restau qui fait d’aussi jolis menus, ça ne s’ignore pas…

Et vous, vous avez des adresses et des astuces à Barcelone ? 

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Véganisme et zéro déchet

véganisme et zéro déchet

Si la volonté de ne pas produire de déchets et celle de veiller au bien-être animal constituent deux aspects très forts de ma philosophie de vie, je ne peux m’empêcher de réfléchir à mes choix.

La plupart du temps, ne pas consommer de produits animaux fonctionne parfaitement avec le zéro déchet et, au contraire, le facilite : j’ai souvent vu des personnes hésiter sur le choix des contenants pour acheter leur viande. Certains bouchers refusent de mettre la viande dans le bocal ou le tupperware de leurs clients. D’autres personnes sont tout simplement gênées à l’idée de faire la demande.

Ici, c’est beaucoup plus simple : je n’ai pas à me poser la question.

Il faut dire que je ne cherche pas à remplacer les produits animaux par des similis. Pas de fausse viande, pas de faux-mage. Qui génèrent un bon paquet d’emballages, précisons-le.

J’ai rarement besoin d’emporter des contenants hermétiques lorsque je fais les courses. Au niveau de la préparation des repas, je prends beaucoup plus de plaisir à cuisiner qu’auparavant car je ne trouve pas les fruits et légumes sales comme c’était le cas pour la viande (je ne suis d’ailleurs jamais rentrée dans une boucherie depuis que j’ai commencé mes études). De la même manière que finir mon assiette ne se résume plus à trier minutieusement entre les bouts de gras et les morceaux d’os : je sais que je ne vais pas tomber sur une mauvaise surprise et que tout se mange.

Je n’ai aucun problème avec les produits laitiers : je connais leurs effets sur ma santé et cela ne me manque pas du tout. La seule chose pour laquelle je consentirais peut-être à faire une exception, ce seraient les oeufs, mais j’émettrais tout un tas de conditions qui finiraient par former une liste longue comme le bras.

Dans un premier temps, plus que les conditions d’élevage et le traitement des animaux, je l’avoue, ce sont les considérations purement écologiques qui m’ont fait douter. Mon esprit cartésien avait besoin d’argumentations comparatives entre l’alimentation carnée, végétarienne et végétalienne, de surfaces agricoles nécessaires pour chacun de ces régimes (comme si prendre le stade de foot comme unité de mesure rendait les choses plus palpables…), de litres d’eau utilisés pour produire un kilo de bifteck ou de farine, etc.

C’est en regardant des images prises dans les fermes et abattoirs que j’ai compris que je ne supportais pas la violence infligée aux animaux. Sans cela, la transition aurait sans doute été plus progressive et floue, mais toujours est-il que j’ai arrêté la viande du jour au lendemain.

Mais je vais être honnête avec vous : mon comportement envers les vêtements et accessoires, bref, ce qui constitue la garde-robe, est beaucoup moins tranché. Je dis bien comportement, car en théorie j’aurais tendance à refuser tout produit animal. Mais en pratique, c’est différent.

Avant de devenir végétalienne (on traite ici de la partie purement alimentaire), j’achetais des produits en cuir sans me poser de question. J’ai donc acheté des sacs en cuir, des gants en cuir, des chaussures en cuir, des écharpes en laine, j’ignorais que la soie était produite en ébouillantant les vers à soie, je me fichais de savoir d’où provenaient les perles fabriquées à partir d’os, je disais justement “Puisqu’on tue les animaux, autant utiliser tout ce qu’on peut”.

En soi, l’argument ne manque pas de logique.

Quand j’ai commencé à me documenter, je suis tombée sur la définition du mot vegan.

Mode de vie consistant à ne consommer aucun produit issu des animaux ou de leur exploitation.

Cela signifie donc de ne pas manger de viande, de poisson, de produits laitiers, d’oeufs, de miel, de ne plus se vêtir avec du cuir, de soie, etc. Cela ne néglige aucun aspect de la vie quotidienne.

Et j’ai considéré un instant mes possessions. Je me suis demandé s’il fallait les jeter, les donner, ou les garder.

J’insiste sur le verbe “falloir” car il m’arrive souvent de penser que lorsqu’on prend position sur la question de la condition animale, il faut avoir un avis tranché, il ne faut pas manger d’oeufs, il faut faire ci, il ne faut pas faire cela…

faut-il manger les animaux de Jonathan Safran Foe

(…) beaucoup de gens semblent s’en tenir à ce schéma du tout ou rien lorsqu’ils discutent de leurs choix alimentaires quotidiens. C’est là un mode de pensée que nous n’appliquerions jamais à d’autres domaines éthiques. (Imaginez, par exemple, de toujours ou de ne jamais mentir.) Je ne saurais dire le nombre de fois où, ayant dit à quelqu’un que j’étais végétarien, mon interlocuteur ou mon interlocutrice a réagi en pointant une inconsistance dans mon style de vie ou en essayant de trouver une faille dans une argumentation que je n’avais pas développée.

Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?

Jonathan Safran Foer semble avoir résumé à la perfection ce sentiment sur lequel je n’arrivais pas à mettre les mots, même s’il est, à mon sens, davantage question de condition animale que de “choix alimentaires quotidiens”, puisque cela englobe aussi les choix vestimentaires et cosmétiques…

Je ne peux m’empêcher de faire le parallèle entre la ligne de conduite à respecter en étant vegan et les obligations religieuses (comme l’interdit de porc, le jeûne, etc.).

J’ai décidé de garder mes sacs, chaussures, gants. D’une part car je n’ai pas les moyens de renouveler entièrement ma garde-robe. Et puis, pour être honnête, je ne sais pas si je le ferai si c’était le cas.

Pourquoi ?

L’idée de devoir me soumettre à une ligne de conduite me gêne de plus en plus. Cela ne veut pas dire que je vais manger de la viande au petit-déjeuner demain, attention. Mais les régimes alimentaires sont tellement étiquetés (végétarien, flexitarien, pescétarien, ovo-végétarien, plant based, vegan…) que cela en devient pénible. Alors oui, il est plus facile de dire “Je suis vegan” plutôt que de dire “Je ne mange pas de viande, pas de poisson, pas de fromage, pas de lait, pas d’oeufs, pas de miel, je n’utilise pas de cuir, de soie, etc.”. Mais parfois, on n’entre pas dans une case, ni dans l’autre.

Par exemple, je me sens le plus proche de l’éthique vegan. Pourtant, j’ai récemment recommencé à utiliser du miel en masque, pour soigner mon acné (les premiers résultats sont très bons). Et je porte toujours des vêtements en cuir.

Mais végétarien serait un terme trop réducteur pour me définir. Car je ne mange pas d’oeufs ni de produits laitiers. Végétalien alors ? Mais j’utilise du miel…

Bref, je n’arrive pas à voir à quelle catégorie j’appartiens, et ce n’est peut-être pas plus mal. Mais quelque part, c’est insatisfaisant.

D’un point de vue environnemental, utiliser un objet déjà produit a une empreinte carbone beaucoup plus faible qu’un objet neuf, même si ce dernier est bio, équitable et vegan.

Avant d’avoir un sac en cuir, on m’en avait offert un en simili (ce que je ne savais pas en le recevant). Il n’a pas duré longtemps. Celui que j’ai actuellement a déjà quatre ans. Il est toujours aussi solide et beau. Il est durable. De ce point de vue-là, il est beaucoup mieux que tous les sacs que j’ai eus jusqu’à présent.

Je m’interroge également sur les chaussures : quasiment toutes mes chaussures sont en cuir, et je me vois mal les remplacer par du simili. J’ai flashé sur une marque vegan, Mohop, dont le concept me plaît, mais qui utilise du simili cuir et j’aimerais des matières naturelles. Mais avez-vous déjà jeté un oeil sur des chaussures vegan naturelles et sans matière synthétique ? Ça ne donne franchement pas envie…

Je ne doute pas qu’un sac en cuir vegan puisse être solide. Mais il sera probablement fait d’une matière que j’essaie d’éviter au maximum dans tous les autres aspects de ma vie : le plastique. Je n’arrive pas à trancher. Quel est le mieux : un produit qui favorise l’exploitation animale ou un produit artificiel et polluant qui risque, de par sa fabrication et sa décomposition, de porter atteinte à un nombre d’êtres vivants encore plus large ?

Cette interrogation est rejointe par un article lu très récemment sur Dressing responsable.

Cette année, j’ai également acheté des produits contenant des produits d’origine animale ; des vêtements invendus (donc neufs, mais hors circuit) ou de seconde main (comme mes Blazer ou mon manteau Athé). Je n’ai pas acheté de produit neufs, même hors circuit, qui contiennent du cuir, mais certains sont en laine ou en soie.

Honnêtement, je me suis sentie assez mal en les achetant (et oui, je sais, cela ne m’a pas empêchée de les acheter). J’ai beau me dire qu’il y a une différence entre une vache et un vers à soie, je sais que je ne pourrais pas tuer des insectes inutilement.

Bref, je me pose de plus en plus la question de savoir si je fais bien d’utiliser le terme “vegan”. A l’évidence, non. En attendant, il est sûr que je me pose davantage de questions sur le caractère moral de mes actes (d’où la honte que j’ai ressentie à l’achat) et je m’interroge sur les alternatives plus respectueuses. Je crois que c’est le plus important.

Une chose est sûre : je n’achèterai plus de produits en cuir neufs (j’envisage même de me débarrasser de ma veste et de mon blouson), et ma garde-robe est suffisamment garnie pour que je ne ressente pas le besoin d’acheter des produits invendus contenant de la soie ou de la laine. Cela ne veut pas dire que je m’abstiendrai de le faire si jamais je dégotte un vêtement d’occasion qui me plaît.

La question est longue (je ne pensais pas que ce post le serait autant, mais je la juge suffisamment importante pour m’étendre). J’avais besoin d’en parler pour clarifier la situation. Pour que ce soit clair : je ne mange pas de viande, pas de poisson, pas de produits laitiers, pas d’oeuf, pas de miel mais je l’utilise comme soin, et je porte encore des vêtements d’origine animale même si j’essaie de trouver des alternatives plus écologiques et éthiques. Bon, quelqu’un m’aide pour trouver un mot qui condense tout ça ?!

Le problème de l’inconsistance se pose également : quelqu’un qui prône le bien-être animal mais qui continue à porter du cuir est-il crédible ? Ne dessert-il pas la cause animale ? En portant du cuir, n’incite-il pas les autres à acheter ces mêmes produits ? En portant de la soie ou des perles, n’affirme-t-on pas que les (sous-)produits témoignent de la richesse de quelqu’un ?

Pour finir, une anecdote : il y a un moment déjà, je discutais avec une amie qui essaie elle aussi de réduire ses déchets et s’intéresse à la question animale. Elle continue de manger des produits laitiers, car elle trouve cela difficile de s’en passer. Pourtant elle a un point de vue très tranché sur la fourrure, mais aussi le cuir. Pour elle, il faudrait également arrêter de porter du simili, pour les raisons d’influence citées ci-dessus. Tout cela pour dire qu’il existe autant de points de vue différents qu’il n’y a de personnes, même parmi les défenseurs de la cause animale. Ce qui est important, dans l’histoire, c’est que chacun puisse se construire et progresser dans son cheminement intellectuel.

Quel est votre avis sur la question ?

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