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Shizen - zéro déchet et minimalisme Posts

Petit comparatif de dentifrices

Aujourd’hui, on va parler de nos petites quenottes.

La dernière fois que j’ai acheté du dentifrice, j’ai davantage fait attention à la marque et aux ingrédients, en tout cas, plus que d’habitude. J’ai fini par choisir le Gel dentifrice végétal de Weleda, attirée par le côté naturel et bio de la marque.

Le produit est certifié Natrue, ce qui veut dire qu’il ne contient ni parfum ou colorant synthétique, ni silicone, ni OGM, et que le produit fini n’est pas testé sur les animaux. Sa composition est donc clean.

Ingrédients : glycérine, eau, acide silicique, argile, alcool biologique, extrait de racine de ratanhia, extrait de résine de myrrhe, extrait de fleur de camomille, aesculine, xanthane, arôme, huiles essentielles

Malheureusement, la question de l’emballage se pose toujours (le tube est en aluminium) et l’efficacité loin d’être au rendez-vous : malgré un brossage assidu, il reste comme une couche de dépôt . Le dentifrice à peine entamé, j’étais déjà pressée de trouver une alternative zéro déchet.

Fin janvier, Lauren Singer publiait une vidéo où elle explique comment faire son propre dentifrice. Le mien étant en fin de vie, c’était l’occasion rêvée !

Je vous propose de reprendre la recette de Lauren, que j’ai légèrement modifiée dans son dosage.

Stérilisez votre récipient en verre dans de l’eau bouillante pendant une dizaine de minutes.

dentifrice homemade zéro déchet

Il vous faut mélanger dans un bol :
– une cuillère à soupe de bicarbonate de soude pour deux cuillerées d’huile de coco.
– 10 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée (ou une autre, mais c’est un goût auquel on est plus souvent habitué). Je pense qu’elle en met trop dans la recette originale, cela reste des huiles essentielles : avec modération, donc.

Si vous avez du mal à mélanger les ingrédients, mettez le bol au bain-marie dans l’eau qui vous a permis de stériliser votre bocal, le mélange devrait se liquéfier. Il sera ainsi plus facile de le verser dans votre pot, que vous pourrez ensuite laisser reposer au réfrigérateur quelques minutes. Le bicarbonate étant plus lourd que l’huile, il va retomber. Remuez le mélange avant qu’il ne se fige complètement.

dentifrice fait maison zero waste

Verdict ? Alternative validée et adoptée ! J’utilisais déjà de temps en temps du bicarbonate de soude pur pour me blanchir les dents, et ça marchait vraiment bien, même si le goût salé n’est pas très agréable. Je ne suis donc pas surprise par l’efficacité de cette recette. Après le brossage, les dents sont vraiment propres – plus de dépôt, comme avant. La menthe poivrée apporte une réelle sensation de fraîcheur.

Pourquoi utiliser le bicarbonate de soude ? N’est-ce pas trop abrasif ?
Le bicarbonate blanchit les dents et a une action sur le tartre. Il a des propriétés antibactériennes. Et, selon Consoglobe, il est justement le moins abrasif des agents polissants. Pas d’inquiétude à avoir !

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Au commencement était l’emballage

commencer zéro déchet zero waste

Cela faisait déjà un certain temps que je songeais à entretenir un blog mais les jours, puis les mois se sont écoulés, stériles, sans que je publie la moindre miette. Pourtant, j’en ai, des choses à partager…! Bien trop pour pouvoir prendre le temps de les organiser clairement, tel que je le souhaiterais. Mais nous n’avons pas le temps. Car c’est un sentiment d’urgence (oui, le mélo, c’est le genre de la maison) qui me pousse aujourd’hui à écrire.

Je me souviens de la première fois où je me suis rendue compte à quel point l’environnement prenait une place démesurée dans ma vie. C’était en 2009, et la quinzième Conférence sur le climat venait de s’achever à Copenhague (vous vous souvenez, TckTckTck ?). On avait beaucoup attendu et espéré, mais les mesures prises étaient insuffisantes. Quand j’ai appris ça, j’ai failli ne pas m’en relever. Je suis restée plusieurs heures à pleurer sur mon lit, telle une vraie donzelle éplorée (à côté de ça, Titanic, c’est de la gnognotte).

Ce jour-là, j’ai eu l’impression que la Terre était fichue. Bon, en fait, une semaine après, toute cette joyeuse histoire avait été reléguée dans un petit coin à l’arrière de mon cerveau, et je l’avais oubliée.

Puis, en 2014, je suis partie au Japon. Il y a un truc à savoir sur le Japon. S’il nous évoque pourtant plus les sushis et le sumo, il y a une caractéristique culturelle très précieuse à ses yeux, et c’est l’art de l’emballage (en japonais, ça se dit origata, ça fait nettement plus classe mais, vois-tu, je ne suis pas très inspirée ce soir). Et celui-ci va de paire avec son cousin germain, l’art du petit cadeau que l’on s’offre quelle que soit l’occasion. Tout prétexte est bon à prendre ; voyage, retrouvailles, dernier jour de classe, etc.

L’emballage au Japon, c’est dément. Je passe sur les traditionnels blisters que l’on connaît malheureusement en France aussi. Mais prenons par exemple la boîte de gâteaux à l’effigie du mont Fuji acheté à l’occasion de l’ascension du mythique volcan. Chaque petit gâteau est emballé individuellement, et placé dans une très jolie boîte en carton, bien souvent elle-même entourée d’un papier soigneusement emballé. D’ailleurs, en revenant de votre périple, n’éprouvez-vous pas comme une petite faim ? Pas de problème, vous trouverez des bentô à chaque coin de rue. Bentô qui vous est servi dans un emballage en plastique, avec de jolis petits séparateurs imitant du foin de l’herbe, des baguettes et serviettes jetables, un cure-dents, de la sauce et un sac plastique. Vous êtes désormais prêts pour partir à la guerre.

Chaque saut à la librairie donne lieu à un cache-couverture en kraft, pour préserver votre lecture de Fifty shades of Grey (et, au passage, faire un peu de pub pour le magasin).

Et si vous avez le malheur ou l’audace d’acheter un nouveau téléviseur un jour de pluie, ne vous inquiétez pas ! Vous trouverez tout d’abord à l’entrée des magasins des sortes de capotes géantes pour parapluie, et puis, à l’issue de votre achat, chez Biccamera par exemple (pour ne nommer qu’eux), la boîte de votre nouvelle télé est mise dans un sac en carton sur lequel on aura scotché un autre sac en plastique transparent, histoire que ça soit pratique, certes, mais que cela reste classe.

Dans la rue, on vous distribue des éventails en plastique quand il fait chaud ou des paquets de mouchoirs en papier quand c’est la saison des rhumes (c’est-à-dire tout le temps). Globalement, plus il y en a, mieux c’est.

Eh bien, au bout de quelques mois, j’ai eu une réaction allergique à cet excès d’emballage et de cadeaux gratuits. Ça a été l’élément déclencheur. J’ai découvert, je ne sais plus trop comment, le livre de Béa Johnson, que j’ai commandé aussitôt. Je l’ai reçu, fébrile, et commencé à le lire avec la même application qu’un catholique penché sur son bréviaire.

Je suis même entrée dans une fièvre extatique d’évangéliste. J’ai commencé à beaucoup réfléchir sur ma propre manière de consommer et je me suis rendue compte que je n’avais rien à envier à mes confrères japonais.

Je faisais une consommation biquotidienne de bouteilles d’eau, notre appartement fut envahi dès les premiers mois du séjour par une armada de sacs plastiques, j’allais plusieurs fois par mois dans des magasins à 100 yens, invention satanique s’il en est, acheter des bricoles made in China, et chaque retour de courses se soldait inévitablement par un tour aux poubelles pour y jeter tous ces emballages.

Moi, “l’écolo”, je consommais avec un degré de réflexion proche du niveau de la mer. La vision m’a horrifiée.

J’ai commencé par le plus simple.

J’ai remplacé l’eau en bouteille par celle du robinet, que j’ai mis dans les gourdes Black+Blum. (Cette étape a été assez difficile à franchir, en toute honnêteté.)

J’ai fait le sac de courses le moins pratique du monde avec un sweat acheté de seconde main.

J’ai commencé à systématiquement refuser les sacs, les baguettes jetables, les freebies, générant ainsi une vague d’incompréhension gênée à mes interlocuteurs (PARDON !).

J’ai cherché au maximum à me procurer des objets de seconde main : livres (Bookoff était mon Temple), décoration, meubles, vêtements. (Je reviendrais d’ailleurs sur ce point.)

J’ai essayé de ne plus acheter de plats préparés, ce qui revient à cuisiner davantage, et limité ma consommation de serviettes et baguettes jetables au restaurant. Là encore, ce ne fut pas facile, car psychologiquement, ce qui ne finit pas dans notre poubelle n’est pas considéré comme un déchet à proprement parler.

J’ai cherché par tous les moyens à composter mes déchets organiques. Il me paraît important ici de vous rappeler l’environnement dans lequel j’évoluais. Vouloir composter ses déchets quand on habite dans un appartement de 13m² dans la plus grande mégalopole du monde, c’est un peu comme faire Saint-Jacques de Compostelle sans chaussures (oui, je suis partie dans les métaphores religieuses). On ne va pas dire que c’est impossible mais, soyons honnêtes, on le pense.

Le compost me semblant un peu compromis, je le reléguais, comme ma tristesse un certain soir de décembre 2009, dans un coin au fond de ma tête. Il se passa ensuite quelque chose d’incroyable.

On déménagea.

Notre nouvel appartement faisait 27m² (le luxe). Et il y avait un balcon. Un balcon. J’allais pouvoir faire du compost. Je perçais des trous somme toute assez artisanaux dans deux boîtes en plastique récupérées au boulot. Et la grande aventure du compost débuta.

compost de balconSaurez-vous trouver le compost qui se cache dans cette image ?

Elle dura deux semaines.

Dix peaux de bananes et trois épluchures d’oignon plus tard, les deux boîtes débordaient. Mais comme on dit, c’est l’intention qui compte. Je ne m’avouais pas vaincue : de retour en France, je composterai, coûte que coûte.

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